Portrait de formateur : Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND

A propos de Sylvie LE PELLETIER-BEAUFOND,
Médecin – psychothérapeute et formatrice à L’IFH

Quelques mots sur votre parcours professionnel.

Après quelques années d’exercice en médecine générale, médecine d’urgence et dans l’humanitaire, la question qui s ‘est posée pour moi, au regard de ce que je découvrais dans ma pratique, était l’importance capitale de la relation qui s’instaurait entre soignant et soigné et l’influence évidente de notre présence, médicale, de notre parole, de notre conviction. S’est ainsi dessinée une nouvelle voie qui m’a conduite dans un premier temps à m’intéresser aux techniques de communication, étant persuadée de l’efficacité d’une approche plus préventive que curative auprès des patients.

Je me suis alors tournée très rapidement vers l’hypnose, me formant initialement à l’Institut Milton Erickson de Paris puis au cours de nombreux séminaires. J’ai quitté mon cabinet médical et me suis installée à Paris comme thérapeute, complétant ma formation par une approche en thérapie systémique, familiale et de couple. J’exerce ainsi depuis les années 90.

J’ai prolongé plus tard ma formation par un cursus en pathologie professionnelle, me centrant sur les problèmes de souffrance au travail. Parallèlement à ma pratique de thérapeute, je suis ainsi intervenue pendant de longues années, auprès de personnels soignants, dans les hôpitaux ou cliniques en particulier, sur les questions de communication, de relation soignant-soigné, de gestion du stress …, ainsi qu’auprès de personnels administratifs en leur proposant de nouvelles approches communicationnelles dans les situations de stress ou de conflits… La prévention étant toujours à mon sens la meilleure des médecines.

Mais ce qui avant tout a marqué profondément mon parcours est la rencontre avec François Roustang. Comme beaucoup d’entre nous, thérapeutes ou hypnothérapeutes, j’ai eu le privilège d’assister à de nombreux groupes de travail ou supervisions avec lui. Nos échanges sur la clinique et sa pensée, et la rencontre avec l’homme qu’il était, avec sa cohérence et sa rigueur, ont radicalement changé notre pratique, ma pratique.

Aujourd’hui, je suis heureuse de pouvoir apporter un peu de mon expérience de clinicienne auprès des jeunes hypnothérapeutes dans le cadre de l’IFH, ou en supervision.

L’hypnose et vous : racontez-nous votre première rencontre.

Au cours d’une de ces formations centrées sur la communication que je suivais, un excellent formateur, présentant l’approche communicationnelle d’Erickson, nous avait invités, pour l’illustrer, à vivre une séance d’hypnose collective. Je me souviens encore de l’endroit où je me trouvais dans la salle, comment j’étais installée, ce que j’ai ressenti et perçu, je me souviens de la voix, de la présence du formateur, tout comme de ce qui s’est passé en moi. 

Quelle place prend véritablement l’hypnose dans votre pratique professionnelle en tant que médecin et psychothérapeute ?

Je suis médecin de formation mais, vous l’avez compris, je n’exerce pas en tant que « médecin » depuis bientôt 30 ans. Mon activité de thérapeute (je préfère ce terme à celui officiel et reconnu de « psychothérapeute ») suppose en permanence cette posture et cette approche si spécifique qu’offre l’hypnose dès lors qu’on se l’est appropriée. De fait, la quasi totalité de mes rendez-vous consiste en un travail hypnotique, des « séances » d’hypnose plus ou moins formelles, et ce, dès le premier entretien.

En effet, les patients, pour la grande majorité, viennent en consultation à mon cabinet parce que je suis d’abord hypnothérapeute. Cependant, dans les entretiens familiaux ou de couple, ou dans quelques thérapies individuelles dites plus « classiques », mon travail est peut-être différent mais au fond, quelque chose de cette posture particulière, de notre langage et de notre présence est toujours hypnotique.

Votre pratique s’articule-t-elle avec quelques principes fondamentaux, un modèle de pensée ?

Un modèle de pensée ? Non, sans doute pas.

Des principes fondamentaux ? Ceux qui me guident, et que je m’efforce de respecter au mieux, se rapportent essentiellement à la posture du thérapeute ; il sont empruntés à la pratique de trois figures dans le champ de la thérapie : Milton Erickson et son approche utilisationnelle, libre, sans modèle justement de pensée, tournée vers les ressources du ou des patients et ouvrant à une certaine créativité ; Mony Elkaïm et son concept de résonance dans le champ des thérapies systémiques, offrant une base selon moi nécessaire à l‘établissement d’hypothèses cliniques et s’appuyant sur notre vécu en séance; François Roustang, sa pensée originale, puissante, caractérisée par un principe de liberté et l’exigence d’une inventivité permanente qu’il nous invite à renouveler avec chaque patient : une autre façon de penser la thérapie, dans la continuité, il me semble, d’Erickson, mais d’une toute autre ampleur.

La dernière fois que vous avez pratiqué l’hypnose.

Il y a quelques minutes ! L’hypnose est l’ « alphabet »  de ma pratique.

Etes vous un cordonnier mal chaussé ? Ou l’auto hypnose fait-elle partie de vos paires de souliers ?

Je pense que, thérapeutes, lorsque nous accompagnons nos patients dans un travail hypnotique, nous sommes nous-même aussi en transe, précédant en cela nos patients ou conduits par leur présence. Ainsi, nous expérimentons en permanence cet environnement, ce climat hypnotique et nous en « bénéficions ».

L’auto hypnose est, pour moi, ce qui se produit spontanément lorsque, habitués à ce « passage », nous y faisons appel, consciemment ou non. Alors on pourrait dire que l’hypnose (ou auto-hypnose) est plus « qu’une paire de souliers », elle est la « semelle de tout ce qui me chausse », à moins qu’elle ne soit même à la base de mon propre corps, les pas qui me portent!


Portrait chinois de l’hypnose…

Si l’hypnose était une ville ?

Paris

Si l’hypnose était un objet ?

Un livre ouvert

Si l’IFH était une citation ?

« La pensée s’accomplit quand elle se tait dans le silence de l’action »  – François Roustang

Si l’hypnose était un rêve ?

Celui d’un monde où chacun se sente «confortablement installé à sa place».

Si l’hypnose était une couleur ?

Le Bleu

Si l’hypnose était un plat ?

Un Fésenjoun, un plat iranien, absolument délicieux, révélant au palais de nouvelles saveurs.

 


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