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Édito janvier 2019 – Elisabeth Barbier

Elisabeth Barbier, Infirmière, hypnopraticienne au sein de la consultation douleur chronique du Groupe hospitalier Paris-Saint-Joseph, formatrice et coordinatrice pédagogique Hypnose médicale et hypnoanalgésie à l’Institut Français d’Hypnose, co-coordinatrice du Collectif National des Infirmiers Praticiens en Hypnose.

Depuis environ cinq ans les écoles de formation à l’hypnose et les cabinets d’hypnothérapeutes prolifèrent. Nous savons qu’une grande partie d’entre elles forment uniquement des professionnels de santé et des psychologues avec des formateurs appartenant à ces catégories professionnelles. D’autres sont accessibles sans pré-requis et les formateurs qui y enseignent ne sont pas spécialement des professionnels de la santé ou de la psychologie.

L’Institut Français d’Hypnose a toujours précisé à ses stagiaires que l’hypnose thérapeutique est une pratique qui vient s’associer aux compétences de sa profession initiale dispensée par un diplôme d’état. D’ailleurs, les niveaux et durées d’enseignement sont différents suivant la profession d’origine. Autrement dit hypnothérapeute ou hypnopraticien n’est pas un métier en soi comme nous le rappelons dans notre newsletter de septembre 2018.

Face à cette croissance de la pratique hypnotique dans les établissements de santé et en libéral les pouvoirs publics s’interrogent sur la qualité des formations ainsi que sur les compétences et la légitimité des praticiens en hypnose comme ils l’ont fait auparavant avec les psychothérapeutes et les ostéopathes ce qui a aboutit à encadrer ces professions par des lois.

La question essentielle semble se situer autour de la sécurité du patient.

Dans cette période de latence entre les questionnements et la mise en place d’un cadre législatif, nous entendons ici et là que l’hypnose serait un acte médical. L’exercice illégal de la médecine est mentionné. Les infirmières libérales travaillant seules au domicile des patients se sont vues retirer le financement de formation à l’hypnose par l’ANDPC (1)

Dans ce contexte, la Confédération d’Hypnose et Thérapies Brèves (CFHTB) a jugé nécessaire d’organiser des Etats Généraux de l’Hypnose Clinique et Thérapeutique qui se sont déroulés les 23 et 24 novembre derniers à Paris sur le thème « Construire l’hypnose de demain ». Leurs objectifs étaient de faire l’état des lieux de la place de l’hypnose dans le champ de la santé, de la recherche et de réfléchir à un cadre défini et uni pour la formation avec comme finalité la rédaction d’un livre blanc. Son ambition est d’établir des recommandations, d’être utile à la collectivité et d’informer les autorités avec clarté et expertise.

En attendant ce colloque, l’inquiétude des professionnels de santé non médicaux quant à l’avenir de leur pratique hypnotique a gonflé progressivement. Ainsi Stéphanie Desanneaux-Guillou, infirmière et moi-même partageant des doutes et des questions identiques à nos collègues avons décidé de créer un Collectif National des Infirmiers Praticiens en Hypnose (CNIPH) afin de rassembler nos questionnements, réflexions et propositions. Ce collectif né en mai 2018, compte à ce jour plus de deux cents membres et bénéficie de nombreux soutiens d’instituts de formation à l’hypnose dont l’IFH et de professionnels de santé non infirmiers ou psychologues.

Nous étions plusieurs représentants de l’IFH et du CNIPH présents à ces états généraux. Nous y avons mesuré le caractère primordial d’éclairer les pouvoirs publics sur les compétences des praticiens en hypnose et sur la qualité des formations dispensées.

Un amalgame semble exister entre les organismes de formation suivant une charte éthique sensible à celle de l’IFH et ceux formant tout un chacun avec des formats d’enseignement parfois très courts avec des objectifs inadaptés à la durée de l’enseignement et aux compétences initiales des stagiaires.

Par conséquent, nous devons démontrer comment et pour quelles indications l’hypnose à visée thérapeutique s’inscrit dans nos champs de compétence que l’on soit médecin, professionnels de santé non médical ou psychologue.

Si l’argument principal est bien la sécurité du patient, alors nous pourrons prouver notre capacité à l’assurer puisque d’ores et déjà nous travaillons auprès des patients en respectant des règles inhérentes à notre profession.

 

(1) Agence Nationale du Développement Professionnel Continu


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Dernière modification : 8 janvier 2019
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