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Portrait d’hypnothérapeute – 5 questions à… Adrien Ménard sur l’hypnose dans les risques psychosociaux

Adrien Ménard, psychologue clinicien et formateur à l’IFH, témoigne de sa pratique de l’hypnose dans la gestion du stress et des risques psychosociaux

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Étudiant, j’ai cumulé beaucoup de petits boulots qui m’ont familiarisé à divers facettes du monde de l’entreprise. Devenu psychologue clinicien, j’ai exercé en institution (hôpital, IMPro, …) dans divers domaines (psychiatrie, cancérologie, réinsertion, etc.). Ma formation de thérapeute se base sur les thérapies cognitives comportementales et sur l’hypnose. Aujourd’hui, je partage mon temps en 4 activités : thérapeute en libéral auprès d’enfants, adolescents et adultes ; consultant en entreprise sur les thèmes de la gestion du stress et des risques psychosociaux ; formateur auprès de soignants sur les techniques d’hypnose versants thérapie et analgésie ; et depuis peu, instructeur de mindfulness.

Quels sont les avantages selon vous de l’hypnose dans la gestion du stress ?

Apprendre à gérer son stress, c’est d’abord accueillir toutes les sensations a priori désagréables. C’est également retrouver une façon d’être plus en harmonie avec ses aspirations profondes. C’est enfin mettre en place des actions porteuses de changements. L’hypnose, pratique psycho-corporelle par excellence, permet au sujet de se décentrer pour mieux se recentrer. Le laisser-aller obtenu permet également de redevenir plus libre afin de passer à l’action.

Plus spécifiquement, quelle place peut prendre l’hypnose dans les risques psychosociaux ?

Nous avons tous un lien plus ou moins fort avec notre métier, notre entreprise, un peu sur le modèle de l’enfant au parent. Lorsque l’entreprise, pour x raisons, entraîne un flou dans le positionnement du sujet et devient source de risques potentiels, il s’opère une dissociation pour l’ensemble du groupe. L’hypnose, en tant que lien entre hypnopraticien et sujet, permet de reconstruire la confiance en soi et en l’autre altérée par les dysfonctionnements du monde du travail. On le voit, l’hypnose peut agir sur l’individu mais également sur les groupes.

Avez-vous quelques exemples de la façon dont l’hypnose peut être pratiquée dans le cadre des RPS ?

Au niveau individuel, par de la prévention et des exercices psycho-corporels : (re)trouver une safe place intérieure, apprendre à mieux gérer son souffle et ses états émotionnels.
Au niveau fonctionnel, intervenir auprès des responsables : leur permettre d’être plus dans l’être que dans le faire, mettre de côté leur casquette de manager payé à trouver des solutions et accueillir leurs états émotionnels et ceux de leurs collaborateurs. Cet accueil émotionnel sera toujours beaucoup plus efficace qu’une recherche de solution à tout prix. Les aider à se positionner en fonction de leurs valeurs et de ce qu’ils savent déjà faire sans les mettre en position de «psy».
Lorsque le risque est devenu réalité et que l’individu souffre, dans le cadre d’une thérapie : l’hypnothérapie devient alors indiquée pour aider le sujet à surmonter les états anxio-dépressifs, diminuer les sensations et émotions débordantes, reprendre le contrôle sur les pensées envahissantes.

Et pour soi… La pratique de l’hypnose permet-elle de descendre son risque de burn-out ? Même en cas de sollicitation importante ?

Oui, des exercices quotidiens sont alors nécessaires. Il s’agit de prendre quelques instants pour revenir au moment présent et surtout accueillir tous les messages corporels et émotionnels, sans jugement de valeur. Car, on le sait, le burn-out découle d’une longue succession de messages répétés d’alerte du corps et du cerveau, et qui ne sont pas pris en compte. L’auto-hypnose est donc un bon moyen de prévention du risque de burn-out. Si celui-ci est installé, l’hypnose pratiquée par un hypnopraticien devient incontournable. Une fois que l’état émotionnel est stabilisé, le sujet est beaucoup plus apte à prendre du recul et à décider s’il veut reprendre ou non ses anciennes habitudes, et si non, est-ce que l’entreprise le permettra ? On le voit, l’hypnose est un formidable outil de prévention qui permet de se reconnecter à ses propres possibilités : en aucun cas, elle ne permet de supporter ce qui est insupportable, et tant mieux.

 


Le portrait chinois de l’hypnose par Adrien Ménard

Si l’hypnose était une oeuvre d’art, quelle serait-elle ?

Un cerisier en fleurs

Si l’hypnose était un personnage, quel serait-il ?

le chapelier fou dans Alice au pays des merveilles qui chante à tue tête « un joyeux non-anniversaire»

Si l’hypnose était un lieu, quel serait-il ?

Une petite crique secrète, bordée d’une eau bleue transparente

Si l’hypnose était un animal, quel serait-il ?

Un dauphin intrépide et malicieux

Si l’hypnose était un élément de la nature, quel serait-il ?

Les fonds sous-marins peuplés de coraux et d’animaux fantastiques

Si l’hypnose était une musique, quelle serait-elle ?

La mélodie envoûtante dans «La nuit du chasseur» lorsque les enfants échappent au méchant : «Once upon a time, there was a pretty Fly, etc.»

Si l’hypnose était un souhait, quel serait-il ?

Uu petit pas de plus pour l’humanité vers la tolérance

 

> Adrien Ménard animera un séminaire sur l’hypnose dans les risques psychosociaux le 23 et 24 Novembre 2013

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Dernière modification : 22 janvier 2014
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