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Exemples de prises en charge avec l’hypnose

par Antoine Bioy

 Exemple d’une prise en charge en douleurs chroniques

Une patiente consulte dans une structure de prise en charge de la douleur. Elle souffre de lombalgies chroniques depuis des années, qu’elle relie à la pénibilité de son travail (chef de rayon dans un grand magasin de vêtements). Elle est consciente que d’autres facteurs entretiennent probablement son trouble (absence d’activité physique depuis son arrêt de travail, part anxieuse jouant sur la pénibilité du ressenti, poids de la culpabilité de ne « pas être capable », etc.). Une ligne thérapeutique est proposée à la fois médicamenteuse, physiothérapeutique, et hypnose à visée antalgique dans un cadre d’éducation thérapeutique. La patiente est reçue par une infirmière ressource douleur. Durant la première séance, l’infirmière fait un bilan du quotidien de la patiente (activités, rythmes, croyances associées aux ressentis…). Elle met à jour une dimension kinésiophobique (peur de la douleur engendrée par le mouvement)qui sera le premier axe du travail en éducation thérapeutique, et une difficulté de la patiente à comprendre exactement le processus qui mène au ressenti douloureux. Après des explications aidées par un schéma, l’infirmière propose à la patiente une première séance d’hypnose afin qu’elle se rende compte de ce qu’est la méthode et de ce qu’elle peut lui apporter. Particulièrement, est travaillée la dissociation avec une visualisation de vacances aux Antilles, donnant la possibilité à la patiente de pouvoir se plonger dans une eau à température suffisamment chaude pour ressentir une antalgie.  La patiente éprouve un mieux être dont elle dit cependant qu’il s’est estompé peu de temps après la séance. L’infirmière lui explique que comme pour un sport, l’entrainement régulier permet de pouvoir entrer plus vite, mieux et avec des effets plus durables en hypnose.  Après une nouvelle évaluation de sa situation dans sa globalité et quelques recadrages dans le cadre de l’éducation thérapeutique, un nouvel exercice est proposé pour modifier cette fois la sensation douloureuse et la rendre moins lancinante. S’enchaineront dans les séances suivantes des exercices de contrôle de la douleur et de relaxation, jusqu’à ce que la prise en charge globale permette à la patiente de ressentir un nouvel équilibre de vie où sa douleur est bien moins présente, moins centrales et plus secondaire.

 Exemple d’une prise en charge dans le secteur hospitalier

Sabine  est une jeune patiente brûlée au troisième degré par la chute d’une friteuse. La greffe de peau est très suivie et nécessite des réfections de pansements désagréables parfois jusqu’à la douleur et qui plongent la patiente dans des moments d’angoisse intense. L’équipe décide d’accompagner Sabine par des techniques hypnotiques, à la fois pour rendre le soin plus confortable, mais aussi pour diminuer la mémorisation douloureuse et ses effets néfastes dans les soins itératifs. La patiente est installée en salle d’asepsie et une information lui est donnée sur cette nouvelle procédure pour qu’elle soit bien plus confortable : le protocole classique est suivi, mais un accompagnement lui est proposé en plus. Le praticien lui propose le thème du froid et demande à la patiente ce qu’elle souhaiterait imaginer autour de ce thème. Cette dernière aimerait faire un bonhomme de neige, et le praticien acquiesce d’autant plus qu’il va pouvoir s’aider de la fraicheur de la salle pour souligner un peu plus le travail de visualisation et de perception de la patiente. Une fois qu’elle a choisit où elle va réaliser son bonhomme de neige, le praticien lui fait visualiser cet endroit et lui demande de lui dire quand elle y sera. La patiente dit qu’elle est bien dans le jardin où elle veut mettre son bonhomme et le soin peut alors commencer en même temps que le praticien accompagne la patiente dans la réalisation du bonhomme de neige : ramassage de la neige, choisir la plus belle carotte pour le nez, chercher ce qui va pouvoir faire les yeux, etc. L’accompagnement durera le temps de la réfection du pansement et, à l’issue de ce soin, le praticien demandera à la jeune patiente, lorsqu’elle sera revenue en chambre, de lui dessiner le beau bonhomme de neige qu’elle vient de faire toute seule.

Exemple d’une prise charge en hypnothérapie

Un patient vient consulter pour une problématique autour du stress. Il expose ses difficultés : anxiété diffuse, difficulté à être en société sous le regard des autres, troubles dermatologiques légers mais réguliers qui le rendent mal à l’aise et coupable de ne pas savoir comment faire pour « se calmer ». Lors de la première consultation, le praticien écoute le récit de vie du patient et la compréhension qu’il a de son trouble (difficultés conjugales qui n’arrivent pas à se dire ; peur de libérer sa colère perçue comme destructrice). Ses premiers symptômes sont apparus il y a 3 ans, lors d’un Noël particulièrement conflictuel.
Puis, le praticien interroge le patient sur la façon dont il  envisage le suivi et comment il perçoit l’hypnose. Ce dernier explique qu’il se sent de plus en plus débordé et ne sait plus comment faire pour enrayer ce qu’il ne contrôle plus.
L’hypnose, dans ce contexte, est perçue par le patient comme une sorte de « lâcher prise » un peu fabuleux, auquel il  ne croit d’ailleurs pas complètement pour lui-même. L’hypnopraticien comprend qu’un temps important du travail serait le temps de l’induction hypnotique, car c’est durant cette phase que la question d’un possible laisser aller est le plus convoqué, et peut réveiller des angoisses particulières. Aussi, il présente au patient les phases classiques de l’hypnose, en s’attardant peu sur l’idée du contrôle durant les séances, qui fera l’objet d’un travail particulier par la suite.
Le cadre des rencontres ultérieures est défini (rythme et durée des séances, prix). Les premières séances vont permettre de travailler la question du contrôle, via la capacité du patient à laisser venir l’état de conscience modifié avec l’aide du praticien. Par la suite, des séances d’hypno-relaxation sont proposées au patient, tout en introduisant des éléments d’autohypnose qu’il pourra reprendre seul lorsqu’il en aura besoin. Enfin, un travail d’élaboration autour des situations particulièrement difficiles sera également proposé au patient (visualisation des contextes difficiles, recueil des sensations et cognitions présentes, travail psychologique spécifiquement sur ces éléments).

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Première mise en ligne : Janvier 2013

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Dernière modification : 1 mars 2017
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