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Portrait d’hypnopraticien – 5 questions à… Nir Uziel

Nir Uziel, chirurgien-dentiste

Nir Uziel, Chirurgien-Dentiste.
Spécialisé en hypnose dentaire. Formateur à l’IFH.

 Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis chirurgien-dentiste, Professeur au département de réhabilitation dentaire à l’école de médecine dentaire de l’Université de Tel-Aviv. Je suis licencié par le Ministère de la Santé pour l’instruction et la recherche de l’hypnose. Depuis plus de dix ans je suis responsable de l’enseignement de la pratique de l’hypnose pour les dentistes, médecins, psychologues, et aussi de l’enseignement des sciences comportementales pour les dentistes. Je suis formateur à l’IFH pour la formation en hypnose dentaire.
Je suis également en charge de la clinique universitaire qui reçoit les patients anxieux pour des soins dentaires. On y utilise différentes interventions comportementales, le MEOPA, et surtout l’hypnose. J’enseigne aussi à la clinique de l’Occlusion et de la Douleur Faciale. J’interviens sur la question des rapports professionnels des dentistes avec les patients ainsi que sur la gestion du stress et de l’épuisement professionnel. Je publie des articles et je participe à des conférences dans ces domaines.
Je possède également un cabinet dentaire spécialisé dans la prise en charge des patients anxieux.

Comment êtes-vous venu à la pratique de l’hypnose dentaire et qu’est-ce que cette méthode vous a apporté ?

C’est vraiment une question intéressante car je suis venu à l’hypnose par hasard. Lorsque j’étais étudiant, un hypnothérapeute nous a fait une démonstration dans laquelle il faisait une piqûre avec une aiguille puis, à un moment de sa démonstration, il a dit :  » ça ne saignera plus  » – et il n’y avait pas de sang. Ensuite, après quelques secondes il a dit :  » maintenant cela va saigner  » et il y avait du sang. Cela me semblait d’une part un peu  » magique  » et d’autre part j’ai pensé, à l’époque, que cela ne devait fonctionner que pour des gens pouvant être influencés facilement. Je pensais aussi qu’un peu de chance était intervenue.
Deux ans après avoir fini mes études, je me suis fracturé le bras en jouant au basketball. Comme je ne pouvais pas travailler, j’ai cherché un cours pour enrichir mon savoir. J’ai vu qu’il y avait un cours d’hypnose et j’ai décidé de le suivre afin de me convaincre totalement que cette pratique n’avait aucun sens et que cela n’allait pas fonctionner sur moi. Je me rappelle que, pendant les premiers cours, j’étais étonné de voir les autres entrer en transe hypnotique, alors que moi je ne vivais pas cela. C’est seulement plus tard que j’ai compris que je résistais, ou plutôt que je m’étais enfermé dans une attitude défensive. Juste avant de décider de quitter le cours, j’ai demandé au professeur s’il pouvait m’aider pour ma douleur au niveau du bras. Il m’a permis de réduire la douleur que je ressentais et j’ai commencé à croire au  » pouvoir  » de l’hypnose ! Plus tard, j’ai commencé à travailler dans la clinique universitaire où j’ai appris beaucoup du professeur Eli qui était en charge de cette clinique.

Au début, j’ai utilisé l’hypnose uniquement dans la clinique pour les patients anxieux. Mais, avec le temps, j’ai commencé à l’utiliser pour tous mes patients, comme un réflexe. Je me suis, en effet, rendu compte que, spontanément, je m’adressais à eux avec un langage hypnotique et dissociatif.
Avec des suggestions comme : « vous pouvez être dans votre endroit favori pendant que je soigne vos dents » ou encore :  » la bouche peut s’ouvrir  » et non pas « ouvrez votre bouche » ; « peut être qu’un inconfort sera à un moment dans les dents » (et non pas « vous pourriez avoir mal »).
Ceci permet de créer une dissociation entre le patient et ce qui se passe pendant le traitement. Enfin, ma pratique a encore évoluée et je ne l’ai plus seulement utilisée pour mes patients mais aussi pour moi.
Au final, on peut dire que j’ai découvert en utilisant l’hypnose un monde qui me permet de mieux communiquer avec mes patients, réduire le stress du métier et prévenir le danger de l’épuisement professionnel.
Pour l’anecdote, j’ai même utilisé l’hypnose avec mon petit garçon. A l’âge de 5 ans, il avait des verrues et comme cela avait commencé à s’étendre, une opération médicale sous anesthésie générale était envisagée. Avec l’aide d’une amie dermatologue et hypnopraticienne, on a pu les éliminer après une semaine d’hypnose, en lui proposant des séances tous les soirs.

Quelles sont les grandes indications de l’hypnose en dentisterie / odontologie?

Comme je l’avais déjà dit, j’utilise l’hypnose tout le temps pour tous mes patients, pour les soulager du stress avant le traitement. Pour ceux qui ont une phobie dentaire et ne veulent pas être traités sous anesthésie générale, l’hypnose est indispensable. Les autres indications majeures sont : le reflexe nauséeux, le bruxisme, les douleurs de l’articulation temporo-mandibulaire d’origine musculaire, faciliter l’arrêt du suçotement du pouce. L’hypnose est particulièrement intéressante en pédodontie car les enfants entre 7 et 14 ans sont les plus hypnotisables et on peut facilement les aider.
Parmi les autres indications, on trouve : ancrer des habitudes comme le brossage des dents, la prise en charge de la douleur en complément du MEOPA, la réduction de la quantité de salive pour faciliter le traitement ou encore favoriser la sécrétion de salive après radiation de la tête et du cou. Ce ne sont que des exemples parmi d’autres, bien sûr.

On entend souvent la question qui est de savoir à quoi peut servir l’hypnose dentaire alors que maintenant les techniques d’anesthésie locale fonctionnent bien. Qu’en pensez-vous ?

Je peux répondre à cette question sur plusieurs niveaux : tout d’abord, il y a des gens qui sont allergiques aux anesthésiques locaux. Pour eux, si on n’utilise pas l’hypnose pour contrôler la douleur, ils n’ont qu’un seul choix qui n’est pas très avantageux puisqu’il s’agit de l’anesthésie générale.
Deuxièmement, il y a des patients pour qui l’angoisse n’est pas limitée aux injections, elle est plus généralisée : de la situation d’être au cabinet dentaire, des bruits perçus, de l’odeur des produits… On entend souvent des gens qui disent qu’ils peuvent facilement recevoir une injection mais qu’ils ne la veulent pas dans la bouche. L’injection dans la bouche est différente de celle qui est faite dans d’autres zones, parce qu’on pénètre dans un espace très proximal, intime, qui peut aussi avoir des connotations sexuelles.
Troisièmement, chaque dentiste sait que chez les patients anxieux, on a besoin de plus d’une seule anesthésie, parce que les hormones libérées à cause du stress fonctionnent contre les produits anesthésiants. En soulageant le stress, on peut traiter avec moins d’anesthésiques.
Quatrièmement, comme mentionné déjà, l’hypnose en dentisterie est utilisée pour des nombreuses indications et non pas seulement comme un substitut à l’injection.Et enfin, pour des nombreux patients la piqûre est la chose la plus effrayante, même s’ils se laissent faire. Une simple technique peut éliminer cette inconfortable sensation, et parfois même éviter ce geste. Pourquoi s’en passer ?

Conseillez-vous également la sensibilisation des assistant(e)s dentaires? Comment peut s’organiser le travail entre les 2 professionnels dans ce cas-là ?

Je pense qu’une formation courte qui donne des techniques de base de l’hypnose comme la communication et l’accompagnement sont importants pour les assistant(e)s. Tout d’abord, c’est important que l’assistant connaisse et comprenne la méthode utilisée par le dentiste. Il ou elle peut commencer la séance, en faisant la préparation, ou accompagner le patient quand le dentiste est occupé avec son geste. Bien sûr cela doit être limité uniquement aux cas où le dentiste a suivi de son côté une formation complète en hypnose pour qu’il puisse intervenir dans les situations nécessaires et complexes.
De plus, l’hypnose apporte une meilleure communication avec les patients, on devient plus attentif à leur besoin. Notre métier devient de plus en plus  » marketing  » mais en fait il ne se résume pas uniquement à l’aspect chirurgical qu’on nous a appris à l’école. Dans ce cadre, l’hypnose en tant que principe de communication est un avantage significatif.
Enfin, en utilisant l’autohypnose, l’assistant tout comme le dentiste augmente sa qualité de vie et réduit le danger d’épuisement professionnel (burn-out).


Le Portrait Chinois de l’Hypnose par Nir Uziel

Si l’hypnose était une œuvre d’art, quelle serait-elle ? Le cri, d’Edvard Munch

Si l’hypnose était un personnage, quel serait-il ? Le petit prince (du livre d’Antoine de Saint- Exupéry)

Si l’hypnose était un lieu, quel serait-il ? Le milieu de l’océan

Si l’hypnose était un animal, quel serait-il ? Un oiseau

Si l’hypnose était un élément de la nature, quel serait-il ? L’eau

Si l’hypnose était une musique, quelle serait-elle ?
Une musique indienne

Si l’hypnose était un souhait, quel serait-il ?
Qu’elle apporte une détente, de la tendresse, des accomplissements. Qu’elle permette d’être plus attentif à ceux qui nous entourent et envers nous mêmes.

 

>> Nir Uziel intervient dans nos sessions de formation à l’hypnose dentaire

Première mise en ligne : octobre 2012

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Dernière modification : 22 janvier 2014
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