Hypnose contemporaine
L'hypnose traditionnelle : intérêt
et limites
La pratique traditionnelle de l'hypnose reposait
en grande partie sur l'emploi de la suggestion. Celle-ci était
utilisée pour amener le sujet à modifier ses
sensations et ses modèles de comportement.
Mais si l'utilisation de la suggestion peut parfois s'avérer
utile : c'est le cas, par exemple, lorsqu'en suggérant
une sensation de fraîcheur on peut éviter les
complications dues à la réaction inflammatoire
chez un grand brûlé ou lorsque l'on peut éviter
la souffrance dans une douleur aiguë, il n'en va pas
toujours ainsi. Dans la psychothérapie, la résistance
du sujet au changement domine et la suggestion faute d'être
relayée par le sujet, lui reste étrangère
et s'affaiblit dès que le sujet se détache de
la relation et du fonctionnement hypnotique.
La nouvelle pratique de l'hypnose
L'hypnothérapie contemporaine, contrairement
à la pratique traditionnelle, ne cherche pas à
modifier directement les représentations mentales pathogènes.
Elle cherche, bien sûr, à susciter le changement,
mais en encourageant la reprise de confiance et le retour
à l'initiative du sujet.
Elle prend ainsi appui sur la tendance observable chez l'être
humain à manifester d'autant plus d'initiative, d'audace
et d'indépendance qu'il dispose d'un environnement
favorable et sécurisant.
Trois stratégies principales peuvent
être distinguées :
- mettre en place dans la relation hypnotique
un espace de sécurité permettant au sujet de
« relire », « repenser » puis de reprendre
la construction de son histoire individuelle (hypnothérapie
d'inspiration analytique), ou encore de s'appuyer sur l'analyse
des éléments transférentiels apparaissant
pendant l'hypnose (hypnoanalyse) ;
- utiliser l'espace protégé de la « transe
» hypnotique pour permettre au sujet : - d'anticiper
des situations ou des représentations autrement inabordables
et de mettre en place, dans ce cadre, de nouvelles images
mentales et de nouveaux modes de réactions ;
- un recadrage de certains schémas mentaux soit de
façon consciente à travers la prise de conscience
soit à travers un travail plus symbolique prenant appui
sur l'imagerie du patient. (approches comportementales et
cognitives) ;
- aider le sujet à mobiliser ses capacités créatives
et ses ressources (hypnothérapie ericksonienne).
Ces trois pratiques qui sont enseignées
au cours des trois cycles de notre formation, se complètent
et permettent au thérapeute d'apporter une réponse
adaptée à la problématique du patient.
Le respect de la personne
La facilité avec laquelle se met en place
la relation hypnotique, l'intense activité psychodynamique,
l'ouverture à la parole de l'hypnotiseur, tous ces
éléments doivent inciter l'hypnothérapeute
à une grande prudence et l'amener à
inscrire sa pratique dans un profond respect de la personne.
Non seulement le thérapeute cherchera à s'adapter
à l'univers mental du sujet, mais, de plus, face à
la passivité souvent manifestée par celui-ci
pendant l'hypnose, il cherchera à l'aider à
reprendre dans cette relation une position active et paritaire.
Cela pourra se faire, par exemple, en encourageant le sujet
à exprimer verbalement ses attentes et ses désirs
au cours de la situation hypnotique.
De la pratique de l'hypnose ainsi comprise résulte
pour le thérapeute un approfondissement de la communication
et de la relation avec son patient.
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