Y.Halfon, Psychologue, yves.halfon@orange.fr
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plus]
Quand
le traitement médical ne peut pas réduire la
douleur de façon significative, il est devenu habituel
de mettre en uvre une intervention psychologique pour
aider le patient à vivre avec son problème.
Cette
intervention psychologique doit avoir comme objectifs :
1 - éventuellement
éliminer la douleur, ou bien le plus souvent la réduire
de façon significative ;
2 - faire ce travail, sans une accumulation d'effets secondaires,
à savoir une augmentation du niveau de la douleur,
ou une réduction du niveau d'activité du patient
;
3 - renforcer l'action des autres traitements que le patient
reçoit ;
4 - rendre le patient capable d'utiliser tout cela, lui-même,
de sorte qu'il soit beaucoup plus confiant et moins dépendant
de son environnement médical et psychologique. Rendre
le patient actif, lui donner un sentiment de contrôle
dans le processus de soins est une donnée fondamentale
de ces approches comme l'hypnose .
Nous définissons l'expérience douloureuse comme
une continuité entre la sensation, la perception et
l'interprétation qu'en fait le sujet. La douleur est
à la fois sensation et expérience affective,
la douleur est toujours subjective.
Le phénomène " douleur " comme d'autres
sensations est toujours infiltré par les processus
de la pensée, comme l'attention (si une personne concentre
son attention sur une expérience potentiellement douloureuse,
elle sera portée à percevoir la douleur plus
intensément, et inversement) ; l'imagination (le langage
figuratif) ; la suggestion (l'influence du discours de l'entourage
et des soignants sur la douleur du patient) ; l'autosuggestion
(le langage intérieur du patient) ; la mémoire
(le passé douloureux du sujet) ; et des manifestations
d'anxiété ou d'autres affects qui en découlent.
Cet aboutissement cérébral de la sensation douloureuse
explique également le caractère multiple que
revêt la souffrance ressentie différemment par
chaque individu qui la verbalise de façon strictement
personnelle.
Sur
le plan psycho-corporel, on peut traiter la douleur, non seulement
en cherchant à manipuler l'influx sensoriel, mais également,
et tout aussi bien, en tentant d'influencer les facteurs relevant
de la cognition , de l'affectivité et de la motivation,
ou en modifiant les comportements du douloureux.
Les
techniques psychologiques exigent, du malade comme du clinicien,
beaucoup de temps et d'effort. Elles représentent néanmoins
une partie importante dans l'arsenal des thérapies
de la douleur, surtout quand on doit affronter ces états
douloureux rebelles aux traitements pharmacologiques.
Parmi
ces approches psychologiques nous allons définir succinctement
ce qu'est l'approche cognitive puis l'approche comportementale.
L'hypnose clinique pratiquée au centre de la douleur
du C.H.U. de Rouen s'inscrit dans ces deux dimensions.
LES
APPROCHES COGNITIVES
Les techniques
cognitives s'intéressent au discours intérieur,
au dialogue interne, au monologue qui accompagne et souvent
précède l'action.
Elles visent à supprimer ou à estomper les affects
anxieux et/ou dépressifs du patient. Elle permet au
patient de remettre lui-même en question le bien-fondé
des pensées qui accompagnent sa douleur et de les remplacer
par des pensées plus positives, moins invalidantes
: "Tout homme porte en lui une sorte de brouillon, perpétuellement
remanié, du récit de sa vie." On peut l'aider
à modifier l'histoire et l'interprétation de
sa douleur.
Ainsi la thérapie cognitive part de l'hypothèse
que certains affects ou certaines douleurs sont créés
ou majorés par une attitude non réaliste du
sujet, ou par une distorsion perceptive des informations reçues,
accentuant leur caractère négatif, et qu'ils
sont entretenus par un monologue intérieur inadéquat.
Pour
aborder ce qu'il considère comme un dysfonctionnement
de la pensée, le thérapeute doit en quelque
sorte, entrer dans le monde des représentations du
patient, modifier ce que le sujet se dit à lui-même
et ainsi l'amener à s'en tenir à des propos
intérieurs plus réalistes . Le questionnement
autour de sa " douleur " sera un moment important
: la signification de la maladie, l'incertitude sur son évolution
(le handicap fonctionnel, la peur de la mort) sont autant
de facteurs qui vont venir moduler la composante affective
de la douleur.
Cependant pour lui donner une efficacité thérapeutique,
il est courant de faire appel à des méthodes
comportementales dans lesquelles, c'est à partir de
tâches proposées au sujet que s'effectue cette
restructuration de la pensée.
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L'APPROCHE
COMPORTEMENTALE
Elle
est issue des travaux de PAVLOV, puis de SKINNER , elle constitue
un système cohérent dont la clé de voûte
est la notion de renforcement. Un symptôme est considéré
comme étant un comportement " appris " mais
inadapté ; on s'efforcera donc de le remplacer par
une réponse mieux ajustée . Par exemple, les
facteurs de renforcement positif pourraient être résumés
par la formule suivante : " Quand je souffre et seulement
quand je souffre, je reçois de l'intérêt
et de la compréhension des autres. " (soins médicaux,
repos, attention des proches, compensation financière,
sollicitude des thérapeutes qui sont autant de facteurs
de renforcement positifs). Les facteurs de renforcement négatifs
peuvent s'exprimer de la façon suivante : " Quand
j'ai mal; j'évite des situations difficiles. "
( au travail, dans le couple, etc.)
Le réflexe
conditionné est une pierre angulaire du comportementalisme.
Le système nerveux humain apprend par répétition.
L'apprentissage est, chez l'homme, un processus de conditionnement.
Une fois qu'un certain événement a eu lieu,
il se forme des impressions mentales qui favorisent sa répétition
dans des circonstances similaires. C'est de la même
façon que les événements émotionnels
sont conditionnés. Les impressions stockées
peuvent être rejouées indéfiniment tout
au long de la vie, comme s'il s'agissait de vieux enregistrements.
Cette répétition automatique se poursuit jusqu'à
ce que nous braquions sur ces événements les
projecteurs de notre conscience et modifions notre enchaînement
au passé effaçant alors les enregistrements
devenus inutiles. Selon M. H. ERICKSON, une douleur ancienne
et persistante dans une zone du corps peut entraîner
l'habitude d'interpréter, dans cette zone, toutes les
sensations comme étant douloureuses. La douleur initiale
peut avoir disparu depuis longtemps, mais l'expérience
récurrente de cette douleur initiale amène la
formation d'une habitude qui peut, à son tour, amener
ensuite des désordres douloureux et somatiques.
Les
techniques du conditionnement opérant s'appuient sur
l'observation du fait qu'on peut modifier des patterns de
comportement complexes, par l'exploitation des récompenses
et des punitions. FORDYCE (1976) part du principe que la douleur
du patient consiste en comportements qui ont été
renforcés ou récompensés, et que le meilleur
moyens d'abolir ces "comportements de douleur ",
c'est d'éliminer toutes ces récompenses.
Quant à l'hypnose, elle agit sur les sensations , modifie
les patterns cognitifs et par apprentissage, propose d'autres
comportements aux patients douloureux.
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L'UTILISATION
DE L'HYPNOSE
DANS LE TRAITEMENT DE LA DOULEUR
L'utilisation
de l'hypnose en médecine est très ancienne.
Mais remontons simplement au XIX° siècle où
les médecins commencent à prendre en compte
la douleur du patient et tentent d'y remédier. Leurs
recherches vont dans deux directions : une approche psychologique
ou psycho-corporelle, tel le magnétisme animal puis
l'hypnose . A cette époque nombre d'interventions chirurgicales
se sont faites sous hypnose, comme analgésie psychologique.
En même temps, des solutions pharmacologiques sont trouvées
: Toujours au XIX° siècle, l'usage du protoxyde
d'azote en tant qu'anesthésie fut révélé
par Well , l'éther par Morton et Jackson. Simpson utilisa
le chloroforme pour aider la reine Victoria lors de ses troisième
et quatrième accouchements. Corning consacre à
peu près à la même époque une série
de travaux sur la péridurale. Cependant l'hypnose continua
à intriguer les médecins.
Jusqu'à
ces dernières années, le public français
et le monde médical boudaient l'hypnose, surtout par
une méconnaissance entretenue par les spectacles de
music-hall et par l'anathème jeté par les psychanalystes.
Alors que dans le monde anglo-saxon et les pays de l'est,
l'hypnose était appris à l'université
et utilisé en médecine, et en psychologie.
Définition
de l'hypnose
C'est
un état psychologique spécial avec certaines
caractéristiques physiologiques, ressemblant au sommeil,
seulement superficiellement, et marqué par un fonctionnement
de l'individu à un autre niveau de conscience que l'état
de conscience ordinaire. Cet état est caractérisé
par un degré d'augmentation de la réceptivité
et de la sensibilité ; nos perceptions intérieures,
imaginaires sont données comme plus signifiantes que
généralement elles le sont dans la réalité.
Deux métaphores pour illustrer l'état hypnotique
: " un rêveur éveillé ", il
contrôle le travail de son imagination ; " un dormeur
éveillé ", il donne les apparences de se
relaxer, d'être endormi, or c'est un moment de travail
intense sur son monde imaginaire.
Dans
cet état un certain nombre de phénomènes
peuvent se produire, ou spontanément chez le sujet,
ou proposés par l'hypnotiseur, comme :
- un travail sur la mémoire : se souvenir, parfois
oublier ;
- la distorsion du temps : contraction ou expansion du temps
;
- la progression en âge : faire des projections dans
le futur ou se voir soi-même dans le futur ;
- la régression en âge : retourner dans le passé
;
- l'anesthésie : perdre des sensations ;
- l'analgésie : faire l'expérience de la disparition
de la douleur.
La
pratique de l'hypnose
Toute
séance d'hypnose comporte ainsi deux aspects : la relation
du sujet avec l'hypnotiseur et les modifications psychophysiologiques
que cela entraîne chez le sujet.
La représentation sociale de l'hypnose donnant crédit
à l'hypnotiseur d'un pouvoir magique sur l'hypnotisé
est fausse. L'hypnose est un état actif. Il s'agit
d'un état dans lequel un certain nombre de phénomènes
se produisent mais rien ne se passe sans la collaboration
du patient. Ce dernier n'acceptera de suivre nos propositions
que dans la mesure où celles-ci sont conformes à
lui-même et à sa propre morale.
L'hypnose
s'inscrit dans le cadre d'une interaction. Au-delà
même d'une co-présence, deux individualités
vont constituer un organisme curatif où l'effet relationnel
domine parmi d'autres moyens thérapeutiques.
Dans cet état l'hypnotisé doit avoir confiance
dans la pratique du thérapeute. L'hypnotisabilité
dépend de la facilité avec laquelle un individu
peut intérioriser un stimulus externe et en faire une
part de lui-même.
Les méthodes employées pour induire un état
hypnotique sont très nombreuses. Elles ont pour objet
de fixer l'attention du sujet et ainsi réduire son
champ de conscience.
Le
travail hypnotique dans le traitement de la douleur
Les
applications.
Les
applications de cette capacité hypnotique sont nombreuses.
En obstétrique nous pouvons utiliser l'analgésie
hypnotique pour préparer un accouchement. En chirurgie,
dans certains cas rares, sinon exceptionnels, la suggestion
hypnotique peut se substituer à l'anesthésie
chimique ; dans tous les cas, elle constitue un facteur psychologique
facilitant la détente propice à l'anesthésie
et facilitant le réveil postopératoire. Elle
peut être donc utilisée pour préparer
un patient à une intervention chirurgicale et à
diminuer les douleurs postopératoires. Dans les soins
dentaires l'intervention est grandement facilitée par
les suggestions d'analgésie : la quasi-totalité
des soins sont réalisables chez les sujets capables
d'analgésie hypnotique. Pour le traitement des grands
brûlés, l'utilisation de l'hypnose peut s'avérer
intéressante;
Deux
possibilités de traitement hypnotique suivant le type
de douleur.
Deux
possibilités s'offrent au patient et au soignant, suivant
que le traitement est une douleur chronique ou une douleur
aiguë :
- soit un apprentissage, sur plusieurs séances, pour
réduire la dimension douloureuse, ou pour l'éviter.
- soit comme méthode extemporanée, construit
sur le moment au cours d'une consultation de généraliste
ou chez le chirurgien-dentiste, ou encore pour permettre d'effectuer
des soins douloureux dans un service d'hôpital.
L'utilisation de l'hypnose
dans les douleurs chroniques
Pour
les patients douloureux chroniques, l'objectif du traitement
par hypnose est la prise de conscience qu'ils peuvent agir
sur leur douleur, dans l'acquisition d'un sentiment de contrôle
et atténuation de l'angoisse, et qu'ils peuvent aussi
réaménager leur vie, en changeant la manière
d'appréhender et d'interpréter le stimulus nociceptif.
Si l'induction de l'état hypnotique peut-être
commune à tous les patients, les suggestions hypnotiques
concernant la douleur, la mémoire ou toute autre fonction
psychologique, doivent être choisies en fonction du
discours du patient.
A partir du langage du patient, de la description de sa douleur,
l'hypnothérapeute a un grand nombre d'inductions possibles
:
- L'analgésie qui permet de garder des sensations sans
la douleur : " Avec l'analgésie, vous créez
une sorte de sensation, non pas une perte de la sensation
tactile, non pas une perte de la sensation de pression, non
pas une perte de la sensation kinesthésique, pas d'autre
perte que la douleur elle-même... "
- Le fractionnement propose la diminution progressive de la
douleur : " Vous pouvez continuer à vous sentir
agréablement mieux à chaque expiration... presque
comme si l'inconfort est quelque chose qui s'estompe progressivement...
"
- La dissociation éloigne l'esprit du corps ou la zone
douloureuse du reste du corps : " Vous laissez votre
corps ici, votre esprit peut voyager, se retrouver chez vous,
ailleurs... "
- L'amnésie porte sur les souvenirs des douleurs passées
: " La meilleure façon de s'occuper des sensations
déplaisantes, c'est de les oublier, comme lorsque vous
allez au cinéma et complètement absorbé
par le drame, vous oubliez votre mal de tête... "
- La distorsion du temps va diminuer le temps des crises douloureuses
: " Que votre corps apprécie ces temps de repos,
qui deviennent de plus en plus long... "
- La substitution sensorielle remplace la sensation douloureuse
par une sensation toujours inconfortable, mais plus acceptable
: " Les sensations que vous décrivez... peuvent
de façon surprenante se modifier... A la place de cette
sensation brûlante, votre corps peut ressentir un engourdissement...
"
Et autres suggestions possibles : l'anesthésie, le
déplacement...
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LE TRAVAIL
AVEC LE PATIENT
Milton
H. ERICKSON disait : " Chaque personne constitue un être
humain unique en soi. A partir de ce postulat, la psychothérapie
devrait être conçue de manière à
répondre aux besoins uniques de chaque individu. "
Tout
travail psychothérapeutique se révèle
être un travail de réorganisation du modèle
du monde du patient, c'est à dire un travail sur des
systèmes de représentations, qu'ils soient linguistiques
et/ou sensoriels, et/ou affectifs. Tout en poursuivant un
traitement médical approprié, chaque maladie,
chaque douleur nécessite une enquête approfondie
sur sa signification subjective... Il est essentiel de décoder.
Vous avez besoin de savoir la façon dont le patient
ressent, pense et vit ses émotions en relation à
la douleur et à la maladie.
La première rencontre
avec le patient
Le
choix des patients
Toute
personne est hypnotisable. La plus part du temps, le médecin
indique l'hypnose comme traitement possible. Il fait le constat
avec le patient que les traitements médicaux n'ont
pas l'efficacité souhaitée, alors le médecin
propose parallèlement à la prise en charge médicale,
une approche psycho-corporelle, telle l'hypnose. Généralement
le patient accepte. S'il y a refus, il se manifeste lors de
la consultation du médecin. Parfois l'acceptation de
ce type de prise en charge sera retardée: le patient
n'étant pas tout à fait prêt à
pratiquer l'hypnose.
Globalement, plus le patient a ou a eu une raison physiologique
de souffrir, plus il est susceptible d'être pris en
charge par un traitement hypnotique. Inversement, plus la
douleur s'intègre dans un contexte psychiatrique, moins
l'hypnose aura de résultats satisfaisants.
Au centre de la douleur du CHU, depuis 1988, les patients
qui ont utilisé l'hypnose souffraient ou de paraplégies,
de douleurs faciales, de séquelles d'intervention chirurgicale,
ou de cruralgies, de lombalgies, de migraines et d'états
de stress post-traumatiques.
Histoire
de la douleur
Nous
n'avons pas à faire simplement à une perception
douloureuse mais à une plainte. La douleur ne se résume
pas simplement et toujours à une sensation décrite
par le patient qui permet au médecin d'orienter son
diagnostic et de proposer un traitement.
La douleur fait intervenir la personnalité du patient
dans son rapport avec lui-même, son corps, dans sa relation
avec les soignants, mais aussi avec son entourage affectif
et social. La douleur est une effraction dans l'organisation
de l'individu.
Nous devons définir clairement le problème en
termes concrets et dans le langage du patient. Nous recherchons
sa représentation personnelle de sa douleur, de l'organe
malade, de son corps. Il faut toujours rechercher le sens
dans le discours du patient .
Examiner les solutions déjà envisagées,
les thérapies déjà utilisées.
Anamnèse
du sujet
Il y
a toujours une histoire de la douleur dans l'histoire du patient.
Elle réactive parfois la généalogie du
patient, et notamment les réponses apprises dans l'enfance
pour vivre la douleur.
Description
de sa douleur
Décrire
la douleur dans tous ses détails : " Donnez-moi
une image de votre douleur. "
C'est le langage qui confère son caractère tragique
et individuel à la douleur de l'homme et ainsi le patient
doit décrire clairement ses perceptions douloureuses
dans son propre langage : les mots utilisés font référence
à des comparaisons, des causes de la douleur que chacun
a eu l'occasion d'éprouver. La comparaison avec des
douleurs éprouvées dans le passé va aider
la description : brûlures, crampe, pesanteur, décharges
électriques, fourmillements...
Cependant pour une affection donnée, les patients ont
tendance à utiliser des qualificatifs similaires :
" pulsative ou battement " évoquent la douleur
de la migraine ; " sourde, pesanteur " évoquent
la douleur de la céphalée par contractions musculaires
; " élancements, décharges électriques
" évoquent les douleurs neurologiques de désafférenciation.
Certains malades utilisent des descriptions imagées,
parfois très élaborées. C'est comme si
" J'étais marqué au fer rouge ", "
Une bête venait me déchirer les chairs ",
" La lame d'un couteau pénétrait en profondeur
". Ces images montrent bien comment l'interprétation
de la perception de la douleur va donner un sens propre à
chaque douleur.
Ce
qu'il sait sur l'hypnose
Ce que
nous lui disons : " L'état hypnotique se caractérise
par un état de conscience différent de la veille
habituelle. Il y a une réduction importante des sensations
et des perceptions habituelles liées à l'environnement,
par concentration de l'attention du sujet sur un objet, bien
souvent son propre corps, aidé de la voix du thérapeute.
C'est une focalisation de l'attention sur un " monde
imagé " Il y a un affaiblissement des facultés,
logiques, de raisonnement pour privilégier un travail
de l'imagination.
Dans cet état hypnotique, nous utilisons des images
de soin, des suggestions construites avec le patient ; Nous
proposons une programmation du futur par répétition.
Pendant l'hypnose, des suggestions post-hypnotiques sont proposées
.
Le
projet de soin
C'est
une thérapie brève: (maximum de 10 séances),
une rencontre tous les 15 jours, avec un enregistrement "
audio " de la séance. Un premier bilan s'effectue
à la cinquième séance. C'est un travail
qui exige de la motivation et des efforts du patient, puisqu'on
lui demande de répéter les séances chez
lui : l'hypno-analgésie est un apprentissage.
Le
projet de vie
Définir
clairement le changement auquel il veut aboutir...
Formuler et mettre en uvre le projet pour effectuer
ce changement...
Echanger le symptôme contre un moins gênant :
" Quelle quantité de douleur vous voulez garder
? "
Acquérir un sentiment de contrôle.
Atténuation de l'angoisse.
Faire un pont sur l'avenir : " Qu'est-ce vous ferez quand
cela ira mieux ? "
Prescription de tâches : " Donnez 8 activités
que vous ferez, quand vous n'aurez plus mal. "
Fin
de la rencontre
Déjà
préparer la séance d'hypnose et les résultats
attendus.
Les autres rencontres
Elles
vont servir à :
1) A
l'apprentissage de l'hypnose.
2) Aux essais des inductions construites à partir du
discours du patient .
3) A l'amélioration ou pas de son état ? Si
progrès, on continue ainsi... Si échec, on modifie
les inductions...
4) A l'apprentissage de l'autonomie
Comment
se fait le travail thérapeutique ?
1) Le
symptôme ou la douleur s'inscrit comme un acte répétitif,
le chemin habituel.
2) L'acte conscient thérapeutique sera le changement
inscrit dans l'espace hypnotique: un autre chemin.
3) Cependant dans l'esprit du patient, conflit entre les deux
propositions.
4) Avec l'hypnose, nous donnerons l'avantage au nouvel apprentissage.
Physiologie et représentation interne sont étroitement
liées. Si vous modifiez l'un des éléments,
vous modifiez automatiquement l'autre.
5) Le reliquat non résolu se révèle un
aspect important du traitement. Lorsque nous travaillons "
hypnotiquement " avec la douleur, notre tâche n'est
pas d'abolir complètement cette douleur, mais simplement
de proposer un aménagement...
6) Attribution du changement au patient.
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CONCLUSION
La possibilité
de calmer de nombreux types de douleur chronique grâce
à différentes thérapies psychologiques,
dont l'hypnose ne fait plus aucun doute. Il est important
toutefois, de ne pas perdre de vue que ces thérapies
abolissent rarement tout à fait la douleur, et qu'elles
ne sont pas d'une efficacité égale pour tous
les individus. Dans le traitement de la douleur chronique
les thérapies parfaites, qu'elles soient psychologiques
ou pharmacologiques n'existent pas, ou pas encore, mais elles
nous utiles dans l'aide apportée aux patients.
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